• Municipales 2026 : écarter le fascisme

    Élections municipales 2026 : les fascistes ne doivent rien gagner !

    Élections municipales : les fascistes ne doivent rien gagner !

    Les élections municipales approchent. L’extrême-droite y est très présente et semble en capacité de gagner plusieurs mairies importantes.

    Nous sommes conscient·es que l’antisémitisme et le racisme sont loin de se limiter à l’extrême-droite.

    Nous répétons notre conviction qu’il faut les combattre d’où qu’ils viennent, y compris lorsqu’ils s’expriment au sein de la gauche. Pour autant, l’extrême-droite en reste la plus importante force de diffusion. De manière générale, chaque progression des héritiers de Vichy et de l’OAS met un peu plus en danger les Juif·ves, les Musulman·es, les personnes LGBTQI, les Voyageurs·euses, et les membres de toutes les minorités.

    Chaque mairie gagnée par le Rassemblement National et par ses alliés correspond à autant d’associations réprimées et de politiques sociales détruites.

    C’est pour cela que nous estimons que la priorité absolue doit être la lutte contre le Rassemblement National et ses alliés.

    Nous appelons donc toutes et tous à faire vivre le barrage antifasciste face à l’extrême-droite, particulièrement dans les villes susceptibles d’être gagnées par celle-ci.

    Et surtout : ne votez pas pour elle !

  • Tauba dans nos coeurs

    Quelques témoignages sur Tauba

    Tauba avait un contact étroit avec nombre des camarades de l’UJRE et de lecteurs de la Presse Nouvelle Magazine, nous en reproduisons quelques témoignages de l’attachante figure de Tauba Raymonde Alman Staroswiecki:

    Eric d’Aste Blanc

    (…) J’ai cherché à me rapprocher, en devenant spéléologue, en apprenant le russe, ou en rejoignant la chorale Yiddish, mais ça ne semblait pas la toucher. Les premières chansons que je lui avais chanté en russe, et en yiddish, ne l’avaient pas surprise, elle s’était contentée de corriger mon accent. Et je m’étais senti comme un enfant qui écrit une lettre à ses parents, et à qui on la retourne avec les fautes corrigées.

    Cet accent yiddish, je l’entends encore pourtant : dans les éclats de rire de Hejnoch, dans les chants de Pejsach, « shein yingele » résonne encore au moment de quitter les déjeuners familiaux, le dimanche. La culture juive, maman me l’a transmise par son assiduité aux rdv familiaux autour de la photo de famille d’avant-guerre, par les colonies de vacances de la CCE, par l’amour de mes grand-parents, c’était naturel, invisible mais fort, marqué au fer, et le souvenir de l’histoire familiale, avec la grande histoire ont tranquillement mais sûrement transformé ma révolte contre les injustices vers de solides valeurs humanistes.

    Mardi, il y a deux semaines, c’était une belle journée : nous venions d’être informés du transfert de maman en unité de soins palliatifs. Je lui annonçais le midi, et revenais le soir en lui demandant de deviner ce que j’avais fait l’après-midi : malgré la douleur, elle était d’humeur joyeuse ; elle s’est prêtée au jeu, et après quelques indices trouvait que je venais d’assister à la première leçon de piano de ma vie. Aussitôt, elle ajouta « depuis le temps que je trouve que tu en as besoin : tu n’as jamais correctement placé les doigts » …

    J’ai compris à ce moment, que tout ce que j’avais pu faire jusqu’ici pour me rapprocher d’elle était bien dérisoire, et que le principal était bien d’être là pour elle. Car toute ma vie, elle avait été là pour moi.

    Une dernière chose, maman aurait adoré être avec nous ce matin, nous voir tous réunis, famille et amis ; et elle aurait pris un grand plaisir à chanter. Je vous propose une chanson qui a marqué son adolescence.

    Suit Une petite cantate, chantée par Barbara, reprise par toute l’assistance…

    Marcel Starowiecki

    Deux parents, deux enfants, c’était la famille de Pejsach et Sofia Starowiecki à leur arrivée en France. Près de quatre-vingts ans plus tard, la petite fille, ma sœur, s’en est allée.

    Nous sommes nés hors de France, moi dans un sovkhoze en Ukraine, elle dans un camp de personnes déplacées, en Autriche.

    Mon premier souvenir, je devais avoir un peu plus de trois ans, est celui de l’arrestation de notre groupe de réfugiés apatrides lors de la traversée à gué d’une rivière, la nuit. Raymonde était juchée sur les épaules de notre père, moi, je grelottais pieds nus dans l’eau glaciale. Il semble qu’à l’époque, j’avais déjà quelques idées radicales ; je me souviens très bien avoir crié à notre père, en yiddish : « Tue-les, tue-les ! », alors que le pauvre était aligné avec les autres hommes du groupe, les mains sur la tête, contre un mur de la cabane où les gardes-frontière nous avaient rassemblés.

    Raymonde, lors de notre ultime conversation, m’a confié qu’elle n’avait aucun souvenir de ses neuf premières années. À notre arrivée en France, apprendre la langue, apprivoiser -à défaut de le comprendre- ce monde étrange dont ni nos parents ni nous ne possédions la moindre clé, s’y intégrer pleinement, cela a constitué pour elle un défi peut-être plus difficile que pour moi, qui suis entré plus tôt à l’école de la République.

    La bonne idée de nos parents de nous confier à la Commission Centrale de l’Enfance, avec ses patronages, ses colonies, a certainement contribué à nous « normaliser ». Là, nous n’étions plus des canards atypiques égarés dans un monde étranger. Les enfants de la CCE étaient semblables à nous, leurs parents ressemblaient aux nôtres, avec une différence notable cependant entre ceux arrivés avant-guerre et ceux arrivés après, les « gryners ». Mais trente mois d’écart entre Raymonde et moi, cela signifiait des classes d’âges différentes et si cette époque semble marquer le début de ses souvenirs, ceux-ci sont relatifs à des cercles dont les intersections avec les miens sont restés relativement faibles… quand nous étions moniteurs, ils étaient colons ! Mais les années passent, les cercles se désemplissent et finissent par se rapprocher.

    La fidélité aux valeurs qui nous ont construits au cours de cette période, la fidélité à nos amis constituent, pour Raymonde comme pour moi, les fondations de notre architecture interne. Pour Raymonde plus que pour moi, une autre fidélité l’a animée, comme en témoigne son engagement à l’UJRE et en particulier à La PNM, au service desquels elle a mis toute sa force, toute sa volonté, parce-que notre père lui avait expliqué que « là, il y a des gens bien ».

    Et comment terminer sans mentionner la famille qu’elle a fondée, les réussites que sont ma nièce, mes neveux et leurs propres enfants, les amis qu’elle a aidés, son optimisme, son dynamisme, la force avec laquelle elle a accueilli les épreuves qui n’ont pas manqué dans sa vie ?

    Mais je veux me souvenir, avant tout, des bonheurs qu’elle aura connus et de ceux, auxquels elle aura généreusement contribué.

    Micheline Chorowicz

    Nous nous sommes rencontrées l’année de nos 12 ans, 66 ans d’amitié… c’était une personne exceptionnelle, brillante, volontaire, déterminée, courageuse, généreuse et d’une immense gentillesse.

    Je l’ai rencontrée en colo à Tarnos, nous rapprochions nos lits et nous nous endormions main dans la main.

    … douée [en musique], … déterminée [dans ses choix], …courageuse [perd sa mère à quinze ans, trouve un cours du soir, elle étudie après sa journée de travail].

    Elle a pu reprendre ses études ; elle était bonne élève.

    Le samedi après-midi, nous nous retrouvions au groupe des jeunes « au 14 ». Elle était enjouée.

    … sportive… elle était joyeuse, on s’amusait bien.

    … envoyée trois mois se former chez Bull, elle suivait le soir, les cours de politique du parti. …une énergie incroyable.

    À ce moment, elle est venue habiter une chambre chez moi, on l’avait refaite toute les deux. En 1968, je dormais parfois chez elle rue du Château d’Eau, c’était plus près des manifs mais on n’y allait pas souvent, on ne supportait pas la violence.

    En 1992… nous dormons à nouveau dans la même chambre, elle dans ce moment difficile, elle se confie longuement à moi.

    En 1993, elle s’installe seule dans une petite maison… elle reprend les études pour avoir ce diplôme d’informatique…le soir… souvent pendant la nuit.

    … après une analyse… je lui demande ce que l’analyse a changé dans sa vie, elle me répond : « Tout ».

    Toute sa personnalité s’est réveillée, elle est redevenue cette battante pleine d’énergie, pleine de don d’elle-même.

    Elle adorait inviter du monde chez elle, préparer des bons petits plats. Elle aimait gâter ses enfants et petits-enfants, toujours disponible pour eux. Elle aimait s’occuper des autres quand ils allaient mal.

    Quand elle s’est installée avec Jojo ce fut le bonheur absolu, elle est devenue radieuse.

    Plus tard, elle est devenue secrétaire de l’UJRE et s’est occupée du journal. Dans les quinze jours qui précédait la parution, impossible de lui parler, elle était surchargée de travail. Une fois de plus, elle travaillait la nuit.

    …je lui ai dit : « Ralentis un peu, passe la main » ; elle m’a répondu : « J’aime ça, ça me fait plaisir. »

    Ces dernières semaines à l’hôpital, nous nous sommes beaucoup parlé, je l’appelais tous les soirs vers 20h, et, alors qu’elle souffrait beaucoup, elle commençait toujours par me dire : « Tout va bien ». C’était Raymonde : ne jamais se plaindre, ne pas déranger les autres mais donner, donner, donner tout le temps.

    C’était mon amie. Je l’aimais.

    Edith Deleage Perstunski

    À Tauba notre amie, à Tauba mon amie, « qui puisait son énergie vitale dans le cœur, lieu d’affection et de lucidité », pour reprendre l’expression de la philosophe Simone Veil dans son écrit sur l’amitié en 1942.

    J’ai connu Tauba il y a quatre ou cinq ans en me rendant au 14 rue de Paradis, le local de l’UJRE pour y compulser des archives liées à l’histoire de mon père Israël Meyer Perstunski, membre de l’Union des engagés volontaires, anciens combattants Juifs 1939-1945, fondateur et dirigeant de la Commission du dernier devoir, membre de l’UJRE et directeur du dispensaire du 14.

    Cet après-midi-là, en un jour de février froid et clair aussi, j’ai rencontré Tauba … au travail. Au travail de mémoire : à la recherche d’informations précises sur l’actualité des faits, gestes et actes antisémites en France et dans le monde.

    Elle était au travail d’information et de réflexion et elle m’a accueillie…avec son sourire généreux, avec sa parole simple, toujours un peu teintée d’intranquillité – « Est-on certain de cette information ? Je vais chercher »… Avec son souci d’énoncer le mot juste pour informer sur les « événements » passés et sur les mouvements collectifs présents de lutte contre l’antisémitisme.

    Alors et depuis ce jour, j’ai connu Tauba pour qui il s’agissait de contribuer à faire l’Histoire et non pas la subir, ni se contenter d’en causer. Je souscris à ce que le philosophe Vladimir Jankélévitch a écrit en 1966 : « Le temps, d’une certaine manière, peut faire croire à une disparition, mais la liberté de l’homme est qu’il peut se souvenir ». Je me souviens et je me souviendrai sans doute toujours de Tauba avec laquelle il fallait continuer et de résister aux crimes contre l’humanité, et de chercher comment cultiver l’entraide entre les humains.

    « Depuis 2000 ans, la guerre plaît aux peuples querelleurs. Et Dieu perd son temps à faire les étoiles et les fleurs ». Ces mots de Victor Hugo, écrits en 1866, sont en résonance avec la lucidité vigilante de Tauba pour dire OUI à la Paix et NON aux guerres des mots qui préparent les guerres de fait. Vigilante, Tauba l’était aussi pour son jardin de fleurs et d’herbes peut-être pas toujours bien taillées.

    Renée Fauguet

    J’ai connu Raymonde le 2 novembre 1993, aux cinquante ans de Daniel Sznajderman où j’ai retrouvé des camarades des colos et notamment Jacqueline Komo que je n’avais pas vue depuis trente-cinq ans. Raymonde habitait Bagneux dans une maison ; nous sommes devenues amies et avec Jacqueline nous allions aux expos, cinémas…

    Raymonde …est devenue la secrétaire de Lucien Steinberg président de l’UJRE et rédacteur en chef de la PNM.

    En juin 2004 à ma retraite, Raymonde me demande de l’aider, je deviens trésorière, Roland Wlos devient rédacteur en chef. Quand il a fallu déménager du bâtiment C on a créé la Fédération du 14 qui regroupait : l’UJRE, le MRJ-MOI, l’AACCE dans les locaux où nous sommes actuellement. Raymonde Baron, Claudie Bassi Lederman mettaient tout en caisses ; Raymonde Staro et moi, nous les répertorions, un vrai travail d’équipe.

    Le Covid est arrivé ; Raymonde m’a fait une lettre me permettant de me déplacer. J’allais à Bagneux mettre sous pli la PNM et Raymonde imprimait une par une sur sa petite imprimante les enveloppes ; puis nous allions à la poste pour l’envoi du journal.

    Raymonde était de tous les engagements : les fresques de Taslitzky à Levallois, la fondation du RAAR, la PNM et tant d’autres batailles elle mettait toute son énergie.

    Dès les premiers cancers – elle en a eu 4 ou 5 –, jamais se plaindre ; toujours là, elle venait le soir après 20 heures pour imprimer les enveloppes et autres documents, elle avait même apporté un transat pour se reposer un peu, toujours positive. Lorsque je suis venue la voir à l’hôpital d’Antony, elle était sur son ordinateur …, elle attendait une place en soins palliatifs ; j’ai été et je reste sidérée par sa vitalité, elle ne lâchait rien.

    U n dernier mot qui résume Raymonde : « Mir saynen do ». Nous sommes là.

    Henri Blotnik

    La fidélité et le dévouement de tous les moments de Tauba ont été évoqués avec son rôle clé dans l’animation et les initiatives de notre UJRE.

    Tenir une association c’est déjà difficile, faire vivre un journal à parution régulière bien plus difficile encore.

    Tauba nous laisse un journal qu’elle a assurément contribué à sauver et qu’elle a fait vivre plus de deux décennies. À nous de poursuivre, nous nous y attacherons en pensant à elle.

    Jacques Lewkowicz

    J’ai rencontré Tauba pour la première fois dans le local de l’UJRE, elle me faisait part de son aide à la confection de la Presse Nouvelle depuis 1983 … nous avons travaillé ensemble pendant toutes ces années de 1989 jusqu’à aujourd’hui et nous avons souvent eu des différents, mais il y avait une chose qui ressortait de toute façon de ces entretiens, de ces échanges, c’est qu’elle était fondamentalement attachée à l’existence d’un mensuel juif laïque et progressiste. Je n’ai qu’une chose à dire, a vert a dank – un merci bien mérité, elle était attachée à la culture ashkénaze, merci beaucoup Tauba pour tout ce que tu as fait, on tâchera de poursuivre !

  • Hommage à Paulette Sarcey

    Paulette Sarcey, lors de son arrestation le 25 mars 1943

    Hommage à Paulette Sarcey

    Dimanche 8 mars 2026 à 16h

    Mémorial de la Shoah – Site de Drancy

    110-112 avenue Jean-Jaurès, 93700 Drancy

    A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Mémorial de la Shoah – site de Drancy organise un hommage à Paulette Sarcey, résistante, survivante de la déportation, et militante de la mémoire.

    Paulette Sarcey (1924-2020) née Paula Szlifke à Paris, grandit à Belleville et s’engage dès 16 ans dans la Résistance au sein des Jeunesses communistes et de la MOI, dans les quartiers populaires du nord‑est de Paris et de sa proche banlieue. Arrêtée en 1943, elle est déportée à Auschwitz‑Birkenau, survit à une marche de la mort, avant d’être libérée en mai 1945.

    De retour à Paris, Paulette Sarcey consacre sa vie à témoigner et à transmettre l’histoire de la Shoah.

    Cet hommage s’appuiera sur l’expertise de nos invités, des photos et des images de son interview pour retracer son parcours, et évoquer sa force et sa détermination.

    En présence de Tangui Perron  historien, et Karen Taieb, responsable des archives du Mémorial de la Shoah

    Entrée libre sur réservation: https://billetterie.memorialdelashoah.org/fr/evenement/hommage-a-paulette-sarcey

     

  • Hommage à Tauba (Raymonde) Alman Staroswiecki

    Tauba, Fête de l’Humanité 2025

    C’est avec la plus grande peine que nous annonçons à nos lectrices et lecteurs le décès de notre très fidèle et dévouée Tauba, ou Raymonde, secrétaire de rédaction et cheville ouvrière de la Presse Nouvelle Magazine et dirigeante de l’UJRE, ce dimanche 8 février, à soixante-dix-huit ans.

    Née à Salzbourg, en Autriche dans un camp de personnes déplacées, apprenant le français à la suite du yiddish, elle surmonta les obstacles des difficiles conditions d’existence de l’après-guerre pour faire des études qui la menèrent jusqu’à une carrière en informatique, pionnière dans un domaine longtemps très masculin.

    Cette maîtrise technique fut aussi mise avec succès au service de l’UJRE et de la Presse Nouvelle Magazine. Son dévouement, aussi modeste qu’efficace, était sans faille, aussi bien dans la confection du journal que dans tous les domaines de la vie de l’UJRE, mais aussi de l’AACCE, de MRJ/MOI, co-fondatrice du RAAR, engagée aussi dans la vie locale à Bagneux où elle comptait nombre de camarades et amis.

    D’une générosité sans limite de temps ou d’énergie, elle s’appliqua à soutenir chacune et chacun de sa présence et de ses conseils avisés sans jamais s’économiser. Toujours soucieuse de la qualité des contacts humains, sa personne attentive et bienveillante nous manquera.

    Nous adressons nos profondes condoléances à son frère Marcel, à ses enfants, Éric, Jeanne et Jean, à ses petits-enfants, à sa famille et à ses nombreux amis et camarades.

    Les obsèques de Tauba auront lieu au
    cimetière parisien de Bagneux le 17 février à 10:15
    Nous aurons l’occasion de revenir sur sa personnalité admirable, lors de notre prochaine édition, et tenterons de rassembler les témoignages que vous pouvez nous adresser à secretariat@ujre.fr
  • Commémoration de l’assassinat antisémite d’Ilan Halimi

    En mémoire d’Ilan Halimi, rassemblons-nous contre l’antisémitisme

    Ilan Halimi (1982-2006), 20 ans déjà!

    RASSEMBLEMENT le dimanche 15 février 2026

    à partir de 15h au jardin Ilan Halimi 54 rue de Fécamp et 66 avenue du Général Michel Bizot 75012 – Paris

    Enlevé parce que Juif — et donc considéré comme issu d’une famille “riche” — Ilan Halimi fut séquestré, torturé pendant 24 jours, puis assassiné le 13 février 2006. Ce crime repose sur un préjugé antisémite ancien et tenace, l’association des Juifs à l’argent. La dimension antisémite, sous-estimée lors de l’enquête policière, n’a pas été pleinement reconnue à l’époque.

    Vingt ans plus tard, alors que dans plusieurs villes des oliviers en hommage à Ilan Halimi ont été abattus les uns à la suite des autres pendant plusieurs mois, entretenir la mémoire de ce crime est un enjeu essentiel de la lutte contre l’antisémitisme. Pour le mouvement social, pour le camp antiraciste, et pour toute la société, l’histoire d’Ilan Halimi a révélé la persistance et les conséquences concrètes de stéréotypes antisémites profondément ancrés.

    Vingt ans plus tard, il est clair que l’antisémitisme n’a jamais été «résiduel» : il s’est renforcé. Cet assassinat est emblématique d’un nouveau cycle d’agressions, de meurtres et de paroles antisémites de plus en plus ouvertes dans l’espace public. Ce cycle continue. La minimisation des crimes et des violences antisémites, flagrante depuis la mort d’Ilan Halimi, doit aussi prendre fin.

    Depuis le 7 octobre 2023, les actes hostiles aux Juifs et aux Juives se sont multipliés : une fillette a été violée et insultée parce que juive, des synagogues ont été attaquées, des hommes passés à tabac ; la haine et les insultes se sont déversées, des réseaux sociaux jusqu’aux universités, où des étudiant·es juif·ves sont stigmatisé·es comme «sionistes» et harcelé·es.

    Rassemblons-nous pour rendre hommage à Ilan Halimi, mais aussi aux victimes juives de l’antisémitisme meurtrier des dernières années : les enfants et leur professeur de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, les hommes de l’Hypercacher, Mireille Knoll et Sarah Halimi assassinées dans le XIe arrondissement de Paris.

    La lutte contre l’antisémitisme s’inscrit dans un combat contre tous les racismes, alors que la montée de l’extrême-droite menace toujours plus les droits des minorités. Nous rendons également hommage à toutes les victimes de la haine raciste et xénophobe d’où qu’elle vienne, qu’elle soit islamophobe, négrophobe, rromophobe, anti-migrant·es.

    Le 15 février, soyons le plus nombreux possible, engageons-nous ensemble à refuser l’antisémitisme, d’où qu’il vienne.

    RASSEMBLEMENT le dimanche 15 février2026

    à partir de 15h au jardin Ilan Halimi 54 rue de Fécamp et 66 avenue du Général Michel BIzot 75012 – Paris.

    Nous invitons aussi à verser à la cagnotte qui couvrira les frais d’organisation (sono,…):

    https://www.helloasso.com/associations/golem/collectes/ilan-halimi-1982-2006-20-ans-deja-rassemblement-contre-l-antisemitisme

     

  • Rencontre avec Renée Poznanski

    MRJ-M.O.I, l’AACCE et l’UJRE

    Samedi 14 février 2026 à 16h30*

    14 rue de Paradis 75010 Paris

    vous convient à une rencontre avec Renée Poznanski, Historienne

    Elle viendra échanger avec les participants sous forme d’une conversation amicale sur Israël, un pays qu’elle connaît bien puisqu’elle y a vécu 50 ans, elle évoquera aussi l’actualité présente de ce pays.

    Renée Poznanski, est une historienne spécialiste de la Shoah, et de la Résistance juive en France durant la Seconde Guerre mondiale. Elle a été professeure titulaire à l’université Ben Gurion du Néguev, à Beer-Sheva, en Israël. Renée Poznanski est avec 3 autres historiens membre du Conseil scientifique de MRJ-M.O.I., c’est aussi une ancienne de la C.C.E

    Participation Aux Frais** :

      • Adhérent (MRJ-MOI, AACCE, UJRE) 5 euros
      • Non Adhérent 10 euros

    *Accueil à partir de 16h

    **L’inscription préalable sur HelloAsso est indispensable et c’est en cliquant ci-après:

  • Pour une lutte résolue et efficace contre l’antisémitisme

    Antisémitisme et effectivité du droit

    Pour une lutte résolue et efficace contre l’antisémitisme

    Une proposition de loi 575 de la députée apparentée Renaissance Caroline Yadan visant à « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » a été soumise à la commission des lois et a été l’objet de premières critiques du Conseil d’État ; son examen prévu le 26 janvier à l’Assemblée nationale a été reporté.

    Si l’exposé des motifs ne saurait faire débat, la recrudescence des actes antisémites étant hélas trop bien établie, la proposition de loi ne manque pas de laisser transparaître des effets d’instrumentalisation et des conséquences susceptibles de graves dérives antidémocratiques et de considérables embarras diplomatiques.

    C’est ce que montrait une tribune intitulée « Face à l’antisémitisme, la réponse adéquate ne sera pas la criminalisation de l’antisionisme », parue le 19 janvier dans Le Monde. Nous en partageons le point de vue et les discussions qui ont eu lieu depuis à la commission des lois nous amènent à confirmer les critiques de ce projet de loi.

    Les « formes renouvelées » décrites n’apparaissent hélas que trop anciennes : révisionnisme, relativisme, négationnisme ou apologie de terrorisme ont été utilisés par les nazis et leurs collaborateurs dès le procès de Nuremberg, repris ensuite aussi bien par les milieux faisant l’apologie du terrorisme salafiste que par les antisémites notoires, notamment dès la fin des années 1970 avec le développement du révisionnisme et du négationnisme en France.

    Aucun exemple de ces « formes renouvelées » n’a d’ailleurs été donné pour illustrer un cas ou une situation que notre droit existant ne permettrait pas de poursuivre. Par contre l’usage d’un vocabulaire incertain tel que « banalisation de façon outrancière » ouvrant à toutes les interprétations, porte un potentiel usage arbitraire.

    L’apologie du terrorisme, comme l’apologie de la violence ou de l’incitation au crime, directes ou indirectes, nous paraissent déjà clairement inscrites dans notre droit. Construite sur des principes juridiques établis, notre confiance dans l’interprétation de la jurisprudence par nos institutions judiciaires nous semble suffisante et propice à des réactions appropriées et différenciées à toutes les formes d’antisémitisme.

    Le cœur de ce projet propose la criminalisation de la contestation ou l’appel à la destruction d’un État reconnu par la communauté internationale, en l’occurrence l’État d’Israël.

    L’engagement constant de l’UJRE* a été la recherche d’une paix juste au Proche-Orient, basée sur le droit de l’État d’Israël à la sécurité et celui du peuple Palestinien à un État. Nous savons aussi que, faute d’une reconnaissance mutuelle, la contestation verbale et l’affrontement réel réciproques accompagnent cette construction depuis le départ et n’ont encore une fois hélas, rien de nouveau.

    Nous sommes attachés au respect du droit international, aux résolutions de l’ONU et à leur mise en œuvre, d’autant plus que des avancées sécuritaires étaient possibles, comme les avaient engagés les accords d’Oslo.

    L’introduction du thème de la lutte contre l’antisionisme comme élément de lutte contre l’antisémitisme, sous couvert d’une disposition universelle visant à criminaliser la négation d’un État, nous paraît aussi impropre théoriquement que pratiquement nuisible. La notion d’État n’est pas définie, elle est lourde de difficultés diplomatiques. Criminaliser la critique ou la contestation d’un gouvernement, d’un État ou de frontières (contrevenant au principe du droit à l’autodétermination des peuples), amènerait en altérant aussi la protection de la presse, à interdire toute référence à la situation, à l’histoire ou aux revendications des Arméniens ou des Kurdes, par exemple.

    Utiliser toutes les ressources du droit existant en renforçant son effectivité paraît plus urgent. En effet, des antisémites notoires depuis plusieurs décades et toujours actifs ont maintes fois été jugés, condamnés mais toujours épargnés, malgré les récidives.

    Élaborer un budget accordant des moyens plus larges à toutes les institutions et aux associations nationales engagées dans la lutte contre l’antisémitisme devrait être prioritaire dans cette recherche d’efficacité.

    Notre jeunesse, particulièrement visée par les appels à la violence et à la haine, doit être mieux protégée par une mobilisation plus efficace de la vigilance numérique et par le renforcement des institutions locales et nationales d’enseignement et d’éducation, cela implique d’y accorder les moyens nécessaires.

    Dans le registre de l’instrumentalisation de l’antisémitisme confondu avec l’antisionisme, outre la posture répressive affichée, l’extrême-droite se fait une virginité, alors que sa compromission passée  avec l’antisémitisme  est lourde.  Sa posture affichée permettrait même à l’un de ses députés, ancien propriétaire d’une librairie négationniste, de voter ce projet de loi.

    Enfin, nous déplorons que pour un sujet si sensible, les consultations aient été si réduites. Bien des associations et personnalités auraient mérité d’être entendues, comme par exemple l’OJE, Organisation juive européenne** arrivant par d’autres chemins aux mêmes conclusions que nous.

     

    * Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide, née en 1943.

    ** Muriel Ouaknine-Melki. L’Apologie du terrorisme relève du pénal. ActuJ, n°1813, p.13.

  • Hommage à Henry Battner

    C’est avec grande tristesse que nous avons appris le décès d’Henry Battner, ancien président du Farband et membre historique de la Commission du Souvenir du CRIF, dans sa 93ème année.

    Il assura la présidence du « Farband » (l’Union des Sociétés Juives de France, un temps basée avec l’UJRE dans les locaux du 14 rue de Paradis dans le 10ème arrondissement) de 1998 à 2022, à l’origine de l’organisation à l’origine du Yizkor pour les anciens combattants juifs, commémoration annuelle, à Bagneux et du Prix Idl Korman récompensant une personnalité ayant œuvré pour le yiddish.

    Nous pouvions toujours compter avec son fraternel esprit fédérateur et partagions avec lui, entre autres, l’attachement à Yiddish Sans Frontière, partenaire du Festival des Cultures Juives, et au Collectif Pourim shpil.

    L’UJRE adresse ses profondes condoléances à sa famille et à ses proches.

    Les obsèques auront lieu le jeudi 29 janvier 2026 à 11h45 au cimetière de Bagneux, partant de l’entrée principale à 11h30

  • Soutenons le Rojava !

    Offensive syrienne nord-est 2026

    Texte co-signé par l’UJRE – Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide, Juives et Juifs Révolutionnaires et le collectif Golem.

    Depuis plusieurs jours, le Rojava est la cible d’une offensive de l’armée du nouveau régime syrien. Il y a de quoi craindre le pire, compte tenu des évènements précédents notamment dans le Jebel Druze et la région majoritairement alaouite de Lattaquié.

    Cette offensive a reçu l’assentiment, le soutien implicite ou au moins la passivité, des différentes puissances impérialistes qui déploient leur influence sur la Syrie, qu’il s’agisse des États-Unis, de la Russie, de la Turquie, d’Israël, de l’Arabie saoudite ou de la France. Les États-Unis, en particulier, ont donné le feu vert au nouveau régime syrien pour agir et abandonné les FDS à leur sort. Le peuple kurde, qui avait inscrit ses aspirations à l’autodétermination dans un modèle original, le confédéralisme démocratiques, est maintenant la cible des milices liées au nouveau pouvoir d’Ahmed al-Charaa et à l’État turc. Il est une nouvelle fois démontré que les promesses de soutien des États impérialistes ne valent rien puisque ceux-ci n’ont aucun scrupule à abandonner les combattantes et combattants qui ont joué un rôle déterminant dans la défaite de Daesh à leur sort.

    Après les décennies de pouvoir sanguinaire de la famille Assad, le nouveau régime, porteur de sa propre logique sectaire issue du djihadisme, cherche à imposer par la force sa loi à l’ensemble des peuples de Syrie. Les aspirations démocratiques qui ont conduit au soulèvement de 2011 sont ainsi piétinées par une pratique autoritaire du pouvoir. En effet, Damas refuse toute perspective fédéraliste et entend imposer une autorité absolue et centralisée. Les déclarations du nouveau pouvoir sur la reconnaissance de la langue kurde ne doivent pas tromper, puisque ses milices multiplient sur le terrain exécutions sommaires, discours violemment antikurdes et mesures vexatoires.

    Le basculement du côté du nouveau régime d’une grande partie des forces tribales arabes alliées aux FDS montre les difficultés d’un modèle politique qui, malgré tous les sacrifices des combattantes et combattants kurdes et internationalistes, n’a pas réussi à ancrer durablement sa légitimité propre auprès des populations arabes de l’Est syrien. Pour autant, le modele du confédéralisme démocratique représente dans un contexte de guerre civile une dynamique positive par la place qu’il accorde aux femmes et aux minorités.

    À cette heure, c’est la question même de l’autonomie et de l’autodétermination des peuples kurdes qui est posé, mais aussi celle des minorités syriaques ou arméniennes qui y vivent. De plus, le peuple kurde porte depuis des décennies une revendication légitime d’indépendance ou d’autonomie qui ne pourra se réaliser sous la domination de Damas, pas plus que sous celle de Téhéran, de Bagdad, ou d’Ankara. Une prise de contrôle  de ce territoire par Damas constituerait donc une très mauvaise nouvelle et une immense régression.

    Nous apportons tout notre soutien au peuple kurde aux autres peuples minorisés en lutte et aux Syriens et Syriennes qui continuent de lutter pour une alternative démocratique face au nouveau pouvoir.  Nous appelons à participer à toutes les initiatives qui pourraient avoir lieu en solidarité.

    Nous appelons également à combattre toutes celles et tous ceux qui en France utilisent la politique du nouveau pouvoir syrien comme prétexte à des discours ou des actes islamophobes. Il ne valent pas mieux que celles et ceux qui utilisent les agissements du pouvoir israélien comme prétexte à des discours ou des actes antisémites.

  • 27 Janvier 2026 : Commémoration du 81ème anniversaire de la libération d’Auschwitz, Journée internationale en mémoire des victimes de la Shoah et de prévention des crimes contre l’humanité

    Journée internationale en mémoire des victimes de la Shoah et de prévention des crimes contre l’humanité
    81ème anniversaire de la Libération d’Auschwitz

    En cette journée internationale, de nombreuses commémorations auront lieu dans les communes de France.

    À Bobigny, ce 27 Janvier 2026, à l’invitation de M. Abdel Sadi, Maire de Bobigny, et de Mme Emma Deveaux adjointe en charge de la mémoire, sur le site de l’ancienne gare de déportation:

    • 10 h Accueil dans la Halle 15 à l’ancienne gare de déportation de Bobigny
    • 10 h 30 Prises de parole
    • 10 h 45 Interventions musicales
    • 11 h 10 Recueillement devant les voies de déportation

    À Ivry-sur-Seine, depuis 2003, se déroule aussi une «Semaine de la mémoire du génocide des Juifs et des Tziganes, pour la prévention des crimes contre l’humanité, la lutte contre le racisme et l’intolérance» du 24 janvier au 1er Février 2026