Les actes et paroles antisémites, racistes et discriminatoires ne cessent de se produire !

 

Chaque jour, ou presque, de nouveaux actes ou propos antisémites, racistes ou discriminatoires sont signalés.

Le 18 juillet dernier, le concert de Barbara Butch à Grenoble a dû être interrompu. À la suite d’appels au boycott, des militants se revendiquant « pro-palestiniens » ont créé les conditions de cette interruption, par des slogans et des jets de projectiles, pour des raisons de sécurité. Les responsables contestent les accusations d’antisémitisme portées contre eux, affirmant que leur action visait une opinion politique et non une identité.

Cet argument peut toutefois être interrogé au regard des faits. Barbara Butch n’a pas signé la tribune sur la loi Yadan en tant que responsable politique ou militante, mais, selon ses propres déclarations, en tant que femme juive confrontée à l’antisémitisme. Dès lors, pourquoi prendre pour cible une DJ juive médiatique, dont les liens avec la politique coloniale menée par le gouvernement israélien sont, au mieux, très indirects ? Pourquoi la présenter comme responsable d’une loi qu’elle n’a ni rédigée ni portée ? Une interprétation possible est qu’elle incarne, aux yeux de certains, autre chose que cette loi : une personnalité juive dénonçant l’antisémitisme présent dans une partie de la gauche.

Le 13 juillet dernier, sur une colline de Châtonnay, en Isère, Joris Laurencin, un jeune ouvrier de 21 ans, a mis fin à ses jours après des années de harcèlement et d’insultes racistes, selon les témoignages de sa famille. Dans son club de rugby, dans la rue comme sur les réseaux sociaux, sa peau mate, héritée de sa mère d’origine algérienne, servait de prétexte aux moqueries et aux insultes. Les humiliations étaient permanentes : « sale Arabe », « sale bouboule », parfois proférées en présence de ses amis.

Ce drame, largement passé sous silence par la plupart des médias, nous bouleverse profondément. Il suscite une immense tristesse et une profonde colère. Dans son village de 2 000 habitants, c’est l’omerta. Un journaliste du Nouvel Obs a tenté d’interroger les habitants ; il s’est heurté au silence.

Le rabbin du Centre communautaire juif de Nanterre, David Naccache, a été victime, le jeudi 30 juillet, d’insultes antisémites alors qu’il faisait ses courses dans un supermarché. « Sale Juif », « Retourne en Israël » : autant d’injures proférées par une cliente du magasin. Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête pour injure publique en raison de la race ou de la religion, à la suite de la plainte déposée par le rabbin.

L’antisémitisme n’a rien de résiduel. Tous les indicateurs montrent une forte progression de ce phénomène dans notre pays (rapport du CNCDH de 2026). C’est insupportable.

Le racisme antimusulman et le racisme antinoir continuent également de sévir partout en France (rapport du CNCDH de 2026). C’est inacceptable.

Les discriminations liées à l’origine, à la religion, à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre ou encore à l’apparence physique — notamment l’homophobie, la transphobie et la grossophobie — demeurent elles aussi très préoccupantes.

L’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) condamne et combat sans relâche toutes les formes de discrimination, d’où qu’elles viennent. L’antisémitisme, le racisme et toutes les discriminations ne sont pas des opinions : ce sont des délits et ils doivent tomber sous le coup de la loi.

Nous demandons aux autorités que chaque acte ou propos antisémite, raciste ou discriminatoire fasse l’objet d’enquêtes sérieuses afin que leurs auteurs répondent de leurs actes devant la justice.

Le bureau de l’UJRE
Paris, le 31 juillet 2026

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